Ce texte n’est pas une introduction.
Ce n’est pas un exercice littéraire.
Ce n’est pas une tribune pour plaire.
C’est un refus.
Refus de me taire.
Refus de faire semblant.
Refus d’accepter comme inévitable ce qui est, en réalité, le résultat de choix politiques, idéologiques et structurels.
Pourquoi moi ?
Parce que je ne suis personne.
Et c’est précisément pour cela que je parle.
Je suis Français. Approchant la quarantaine. Cadre du secteur privé depuis une dizaine d’années. Sans privilège particulier, sans posture victimaire, sans nostalgie fantasmée. J’ai grandi dans un pays qui promettait l’ascension sociale par le travail, la sécurité par l’État et la liberté par la démocratie.
Ce pays existe encore dans les discours.
De moins en moins dans les faits.
Je ne dirai pas que tout était mieux avant. Cette phrase sert trop souvent de refuge à ceux qui refusent de penser.
Mais affirmer que la France va bien aujourd’hui relève soit du déni, soit du mensonge.
Ce que nous traversons n’est pas une crise passagère.
C’est une dégradation profonde, lente, mais continue.
Depuis des années, on demande aux Français de s’adapter.
S’adapter à l’insécurité.
S’adapter au déclassement.
S’adapter à la perte de souveraineté.
S’adapter au mépris.
Le tout présenté comme du progrès.
J’ai longtemps accepté.
Je n’accepte plus.
L’engagement politique ?
J’y ai pensé. Mais s’engager dans un système que je considère verrouillé n’a aucun sens. Peu importe les visages, les partis ou les slogans : ils sont issus du même moule et soumis aux mêmes logiques.
Le problème n’est pas l’individu.
Le problème est le système.
La démocratie française, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est devenue un décor. On nous parle de souveraineté populaire, mais le peuple n’a plus de prise réelle sur les décisions qui engagent son avenir.
On vote.
Puis on se tait.
Entre deux élections, le pouvoir s’exerce sans réel contrôle citoyen. Des décisions parfois massivement rejetées sont imposées au nom de la légalité, jamais de la légitimité. Les urnes servent de blanc-seing.
La politique est devenue une carrière.
La démocratie, un métier réservé.
L’accès au pouvoir est conditionné par des réseaux, des financements, une maîtrise des codes médiatiques et institutionnels. Ceux qui gouvernent ont objectivement intérêt à ce que le cadre actuel perdure : il sécurise leurs positions, leurs trajectoires et leurs reconversions.
À cela s’ajoute une connivence structurelle entre sphères politique, économique et médiatique. Un entre-soi qui se protège, se recycle et se justifie. Remettre ce système en cause impliquerait transparence, contrôle et responsabilité. Autant dire une perte de pouvoir pour ceux qui en vivent.
La contestation, elle, est tolérée tant qu’elle reste inoffensive.
On autorise le bruit, jamais la remise en cause.
On change les acteurs pour préserver la structure.
Et lorsque le peuple exprime un malaise réel, concret, vécu, on lui explique qu’il ne s’agit que d’un « sentiment ».
Quand des millions de Français ne se sentent plus en sécurité dans leur ville ou leur village, ce n’est pas un sentiment.
C’est un fait.
Quand l’opinion majoritaire est systématiquement disqualifiée par une minorité morale autoproclamée, ce n’est pas du progrès.
C’est une fracture démocratique.
Quand certains se permettent de décider ce qui est acceptable de penser ou de dire, ce n’est pas de la tolérance.
C’est une domination culturelle.
Ce blog existe pour une raison simple :
redonner une voix à ceux à qui l’on a expliqué que se taire était une preuve d’intelligence.
Je n’écris pas pour convaincre tout le monde.
J’écris pour ceux qui sentent que quelque chose ne tourne plus rond, mais à qui l’on répète qu’ils exagèrent.
Je n’écris pas pour proposer des solutions clés en main.
J’écris pour poser les questions que l’on évite soigneusement.
La France d’hier n’existe plus.
Mais la France d’aujourd’hui n’est pas une fatalité.
Si ce texte est écrit un 30 décembre, ce n’est pas par hasard.
Je crois que 2026 peut être une année de rupture ou, à défaut, le début d’un refus collectif de l’inertie.
Ce blog n’est pas un refuge.
C’est un point de départ.
Bonne fin d’année.
Et surtout, ne vous excusez plus d’exister.


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